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Tennis Cooleurs · Le billet d’Olivier

TENNIS COOLEURS - 15/2 et alors

15/2….et alors ? Olivier Letort - Octobre 2015 Historiquement, le meilleur joueur du club était l’unique personne à pouvoir enseigner, principalement lors de leçons…

TENNIS COOLEURS - 15/2 et alors
15/2….et alors ?
Olivier Letort - Octobre 2015

Historiquement, le meilleur joueur du club était l’unique personne à pouvoir enseigner, principalement lors de leçons individuelles. La référence du niveau de jeu était le seul critère recevable et la première méthode d’enseignement émanant de la Fédération Française de Tennis (FFT) prônait sans réserve l’exemple du haut niveau pour inculquer les « bonnes manières ». Puis, l’engouement pour le tennis et l’arrivée massive d’enfants dans les clubs à la fin des années 60 ont obligé les cadres dirigeants à repenser l’enseignement afin de satisfaire à une demande grandissante. Sont apparus les premiers diplômes fédéraux qui exerçaient dans un contexte nouveau : la séance collective.

1972 marque la création du diplôme d’Etat (BEES) et ainsi la reconnaissance d’un statut professionnel lié à l’enseignement. Le classement 15/2 était un pré requis obligatoire avant qu’il ne passe à 15 quelques années plus tard.

Ce retour à 15/2 suscite aujourd’hui la polémique et divise le corps enseignant.

Mais au fond, le niveau de jeu mérite-t-il autant d’importance ?

L’essentiel de l’activité d’un diplômé d’Etat (DE) consiste à faire découvrir l’activité (au sein de l’école de tennis), d’encadrer majoritairement un public dit de loisir et de développer l’animation d’un club. Quelques entraînements viennent s’jouter dans un contexte compétitif souvent très éloigné du haut niveau.

Ce statut d’enseignant généraliste devant satisfaire à une demande hétérogène réclame avant tout des qualités humaines et une forte sensibilité. Donner envie est sans doute le plus beau cadeau qu’un enseignant puisse offrir à un enfant (ou un adulte) et peu importe le niveau de jeu qu’il pratique. Un parallèle peut être établi avec le professeur des écoles qui œuvre toute l’année pour transmettre le goût de la lecture et de l’écriture en classe de CP. Aucun parent, dans ce cas, n’exige le palmarès de l’enseignant, savoir s’il a écrit des ouvrages ou obtenu le prix Goncourt !

Et que penser de certains champions qui ont été « façonnés » de A à Z par un parent très souvent ni enseignant, ni joueur, ni même pratiquant !

La performance est un domaine tellement complexe qu’aucune recette miracle ne fait foi et oblige les enseignants à faire preuve d’humilité. Ce sont souvent les performances des champions qui sortent de l’ombre certains entraîneurs…et jamais l’inverse. D’ailleurs, les plus vantards ne s’éternisent jamais sur la liste de leurs échecs…

Cette ouverture à 15/2 peut, au contraire, mettre un coup de projecteur sur un public enclin à satisfaire (enfin) une vraie vocation. Les trentenaires (et plus) qui font le choix de retourner à leurs chères études tout en conciliant bien souvent une vie de famille, démontrent une réelle motivation au métier. Et peu importe qu’ils soient 15/2 ou 15, ces deux échelons d’écart changent quoi dans leur métier au quotidien ?

En revanche, si le classement n’est pas un critère incontournable, il peut devenir une réelle valeur ajoutée, à vocation et motivation égales bien sûr.

Comme aimait le souligner Jean-Claude Marchon, un haut niveau de pédagogie garantit la qualité d’un enseignant alors qu’un bon classement n’indique que le niveau de jeu d’un joueur. Ce pédagogue hors pair, reconnu dans le monde entier, devenu cadre technique de la FFT n’a jamais dépassé 15/2…heureusement pour le tennis et pour de nombreuses vocations qu’il a suscité que l’échelon 15 n’était pas encore d’actualité !

Une idée pour votre prochaine séance ? Partagez cet article avec une personne passionnée de tennis.

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